Galerie - Université de Montréal
Passage/Passant/Passeur
Exposition

Passage/Passant/Passeur

Date

16 janvier au 13 février 2003

Commissaire

Céline De Guise

Le Centre d’exposition de l’Université de Montréal est heureux de présenter l’exposition Passage/Passant/Passeur. 

La photographie est indice de ce qui a été. Elle est passage entre présent et passé. Ce qu’elle montre n’a eu lieu qu’une fois. Le visiteur/passant est invité à franchir le seuil de ce lieu. Il est convié à la rencontre de ces artistes aux destins croisés. Les photographes/passeurs sont gardiens de mystères dont certains éléments peuvent être dévoilés à qui cherchent à voir. Ces capteurs de sens ont en commun une quête à travers lumières et vibrations infinies où des frontières tracent le temps. Dans les œuvres des passeurs, solitude et déchirure se parlent, énergie et matière se répondent. 

Jocelyne Alloucherie  (Montréal), saisit l’être l’évanescent à travers ce corps plus vaste et social qu’est la ville.  Jacqueline Salmon  (Lyon), propose une réflexion sur l’image photographique, négatif et positif, comme passeur de sens.  Marie-Jeanne Musiol  (Hull), travaille sur la conscience de la mémoire active en imprégnant sur pellicule la présence d’ombres et de fréquences.  Gaëtan Gosselin  (Québec) reconstruit le temps, dans un mouvement à peine perceptible dont on sent néanmoins l’énergie. L’installation de Jean-François Lacombe  (Montréal), qui prend naissance dans le jardin extérieur du Pavillon de la Faculté de l’aménagement pour se poursuivre vers l’intérieur questionne les interrelations entre un site et ses éléments construits. 

La commissaire Céline De Guise a également visité les collectionsde l’Université de Montréal comme elle a fréquenté les ateliers des artistes, choisissant des objets repères, qui proposent des clés pour décoder les œuvres des artistes.

Auteur

Les artistes...

Jocelyne Alloucherie 

Dans ses œuvres, le passage s’exprime par des photographies en noir et blanc de pavés de places publiques, témoins de ceux qui les ont foulés, les passants. Les œuvres témoignent aussi des jeux d’ombre et de lumière qui se meuvent au rythme des heures et du soleil. 

Une corydale, un insecte de la Collection Ouellet-Robert a été sélectionné pour côtoyer les œuvres de Jocelyne Alloucherie. Cet insecte vit principalement dans les milieux ombragés. Ses ailes rappellent les pavés photographiés par l’artiste. 

Rappelons que Jocelyne Alloucherie vient de recevoir en 2002 le prix Paul-Émile-Borduas décerné par le Gouvernement du Québec. 

Gaëtan Gosselin 

Une pierre suspendue à une fine ficelle au cœur du paysage. Dans leur simplicité, les images suggèrent le mouvement d’un pendule dont l’oscillation reste figée. L’imagination s’active autour de cette pierre, entre ciel et terre, suggérant une tension potentielle en un instant de gravité. Le paysage se fait constitutif d’un rituel in situ qui évoque le passage du temps, la rythmique des astres et l’éternel retour. 

Un tambour, de la Collection du Laboratoire de recherche sur les musiques du monde, symbolise ce rythme à peine perceptible, les battements du tambour évoquant les oscillations du pendule. 

Marie-Jeanne Musiol 

Les photographies de Musiol donnent à voir des luminescences qui entourent des feuilles comme un halo. L’énergie est révélée grâce au procédé Kirlian, une machine de vision capable de saisir le champ énergétique émanant des organismes et des choses. Ce procédé n’est pas nouveau puisque c’est en 1950 que l’électronicien et photographe amateur Kirlian et sa femme ont révélé pour la première fois les fameuses traces auratiques, sortes de bioluminescences imperceptibles à l’œil nu. Ils étaient parvenus à capter l’émanation énergétique des organises en faisant une prise de vue directe, sans appareil, d’un objet traversé par un courant électrique. Marie-Jeanne Musiol est une des rares artistes à explorer la dimension visuelle de ce procédé. Ses œuvres illustrent le renouvellement de la vie dans la nature, le transfert de l’énergie à travers le temps, toujours en mouvance, mais jamais perdue. Elles nous donnent à voir ce qui autrement est invisible. 

Une corne à boire de la Collection du département d’anthropologie, accompagne ses œuvres. La corne est souvent associée au dieu Bacchus, qui meurt à chaque hiver et renaît au printemps. La corne symbolise, ce renouveau, cette énergie qui suit son cours. 

Jacqueline Salmon 

Le porte-avion français Foch revient du Kosovo, c’est sa dernière mission. Il franchit la passe d’entrée du port où il est attendu par des milliers de personnes, dans un grand silence. Les matelots sont debout sur le pont, se tenant au garde-à-vous. Salmon propose une réflexion sur l’image photographique, négatif et positif, comme passeur de sens. 

Une cloche en fer de la Collection du département d’anthropologie commente l’œuvre. Comme le porte-avion, cet objet semble avoir défié toutes les attaques, l’usure du temps pour finalement trouver repos dans une collection. 

Jean-François Lacombe 

Sculpteur et designer d’environnement, ce jeune artiste poursuit sa maîtrise en sciences de l’aménagement (option paysage). Venu présenter une proposition d’installation dans le hall d’entrée du Centre d’exposition de l’Université de Montréal, il a été invité à se joindre à l’exposition Passage/passant/passeur dont la thématique rejoint ses préoccupations. Son installation Passage : Vent d’hiver prend naissance dans le jardin extérieur du Pavillon de la Faculté de l’aménagement sous forme de glace, force brute de l’hiver. Elle traverse ensuite la baie vitrée pour devenir bois, symbolisant l’effet introspectif de cette saison.